L’école : innover et faire ensemble

Preuve du caractère central de l’école et de l’éducation, deux ateliers leur étaient consacrés lors du colloque du 5 juin : « Innover dans l’école » et « Décider et agir ensemble au sein de l’école ». Synthèse des conclusions de leurs travaux, qui ont réuni différents acteurs du secteur de l’éducation, élèves compris.

Les étudiants en design chargés de formaliser le contenu des travaux du premier atelier sur l’école ont construit, en carton et Lego, une forteresse. Est-ce ainsi que les acteurs de l’éducation voient l’école ?

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Innover : les enseignants d’abord

Certains membres de la communauté enseignante, en tout cas, restent encore trop enfermés dans leur discipline et dans une conception traditionnelle de la transmission du savoir. Pour autant, des initiatives existent sur le terrain au sein des établissements, mais elles ne sont pas toujours soutenues ou valorisées.

Comme cela a été dit en table ronde, à la base de tout changement dans l’école, la formation des enseignants, l’organisation de l’emploi du temps, de même que la conception des locaux, seraient à revoir, afin qu’ils puissent proposer plus de travaux en mode « projet » et transdisciplinaires, et sur un autre mode que celui de la transmission descendante des connaissances. Pourquoi ne pas aller jusqu’à des cours inversés que certains enseignants pratiquent déjà au sein de leur classe ? Ils auraient comme vertu pédagogique de montrer aux élèves qu’ils sont capables d’apprendre des choses à leur professeur.

Coordonner les acteurs au niveau territorial

Les établissements eux-mêmes semblent le plus souvent insuffisamment ouverts vers l’extérieur. L’innovation à l’école doit donc passer par une plus grande coordination au niveau territorial, afin que les projets pédagogiques des établissements présents sur un même bassin de vie soient complémentaires. Ils gagneraient à être coconstruits avec les différents acteurs territoriaux, et également les élèves et parents d’élèves.

Innover en classe : sortir de l’abstrait

Dans la classe, il a été suggéré de sortir des seuls enseignements traditionnels. L’innovation doit passer par une incarnation concrète des connaissances, en introduisant par exemple la dimension artistique, le numérique, le rapport à la nature… Cela permettrait de donner du sens aux enseignements et de remédier à la souffrance de certains élèves désemparés face à la dimension abstraite de ce qu’ils reçoivent comme enseignements.

Tout changer, laisser expérimenter

Mais comment s’y prendre ? Il apparaît tellement compliqué de modifier chaque élément que l’atelier chargé de réfléchir aux innovations prône de « tout renverser », avec le choix de l’innovation radicale, qui devrait s’accompagner d’une revalorisation du métier d’enseignant.

L’autre atelier intitulé « décider et agir ensemble au sein de l’école » s’est intéressé, du fait de la présence en son sein de lycéens et de lycéennes, à la valorisation de la place de l’élève, pilier de l’école, dans les décisions et les actions qui le concernent. Ils font partie de ces multiples acteurs devant être associés à la construction d’un sens commun au sein de l’école.

Il s’agirait de créer également au sein de l’établissement des temps et des lieux qui, en dehors des cours, permettraient dès le début de l’année aux élèves de mieux se connaître, de faire communauté et d’apprendre à dépasser les préjugés.

L’organisation de « temps informels mais formalisés », c’est-à-dire prenant place dans l’emploi du temps, permettrait aux élèves, mais aussi aux parents, de rencontrer les professeurs dans un autre contexte, de voir le chef d’établissement en dehors de tout problème à régler, bref, de rendre l’institution abordable… et ouverte.

Les deux ateliers se rejoignent enfin dans une conclusion fondamentale, au regard de l’autonomie dont jouissent les établissements : dans un cadre qui resterait global et national, le niveau local doit pouvoir permettre aux acteurs d’expérimenter quels que soient le type d’établissement (public ou privé) et la filière concernée (générale, technologique, agricole).