Le groupe de travail « éducation »

groupe de travail éducation

Constitué de représentants de la communauté éducative, de chercheurs, de jeunes, d’acteurs de terrain, le groupe éducation articule ses réflexions autour de deux grandes interrogations :

  1. Comment améliorer dans l’école les processus de prise de décision, de manière à respecter la diversité des acteurs en déterminant une ligne commune ? 
  2. Compte tenu des traumatismes post 7 janvier, comment répondre à la nécessité d’un mieux vivre ensemble autour d’un socle commun de valeurs et d’un projet de société partagé ?

L’Ecole constitue l’un des lieux essentiels de fondation du vivre-ensemble et de transmission des valeurs communes. Elle est conçue depuis ses origines comme le lieu par excellence de formation à la citoyenneté, et la société manifeste de nombreuses attentes à l’égard de l’institution scolaire.

Pour autant, le renouvellement de la relation qu’entretiennent les nouvelles générations avec les formes d’autorité bouleverse l’école. Le fonctionnement hiérarchique de cette institution semble de plus en plus en décalage par rapport aux processus décisionnels émergents favorisant le décloisonnement, l’autonomie, la transversalité entre acteurs et l’ouverture.

Le modèle de démocratie représentative sur lequel s’est fondé le processus décisionnel au sein de l’école connaît ainsi certaines formes de remise en cause, tandis que des initiatives de type plus participatif sont introduites dans le fonctionnement des établissements. Des instances de dialogue et de prises de décision collectives scandent la vie des établissements, mais la représentativité comme l’ambition mise dans ces lieux de décision ─ qui donnent parfois le sentiment d’avaliser des décisions prises ailleurs ─,  sont questionnés.

Dès lors, parents et élèves disposent d’un espace d’expression institutionnalisé qui ne répond qu’en partie à leur volonté d’être écoutés et entendus. Du côté des parents se développent en parallèle des phénomènes de retrait, notamment lorsque ceux-ci se sentent peu à l’aise avec l’institution. Les élèves restent le plus souvent cantonnés à leur rôle d’apprenants, sans être encore véritablement considérés comme des citoyens à part entière.

Aussi, pour une partie des familles, l’école reste assimilée à un « problème » ou une situation d’échec, qui peuvent s’importer au sein de la sphère privée, et qui sont vecteurs de conflit avec l’enfant, tandis que l’institution n’est pas toujours en capacité d’employer une communication accessible pour les familles.

Parmi les attentes qui se portent sur l’école, certaines apparaissent plus prégnantes. Si l’école constitue un lieu de transmission de savoirs, les pratiques pédagogiques et le partage de savoirs entre élèves et professeurs évoluent fortement, en grande partie sous l’effet du développement des usages du numérique et de la nouvelle place conférée aux enfants au sein de la société contemporaine, et au sein même des familles, certains évoquant même une « démocratie familiale ».

L’école se voit également assigner le rôle de productrice de repères pour «apprendre la vraie vie », dans un environnement de plus en plus complexe qui suppose des individus en capacité de comprendre le monde dans lequel ils s’insèrent. L’école est ainsi enjointe à incarner une totale  exemplarité auprès des élèves, et elle se voit confrontée à l’enjeu d’être un vecteur de fierté pour les élèves et leurs parents.

Depuis ces dernières années, et encore davantage depuis ces derniers mois, le rôle de l’école en matière de formation à la citoyenneté est de nouveau mis au-devant des préoccupations. Il s’agit là d’une mission fondamentale pour pérenniser notre contrat social, mais difficile à réaliser. Cette responsabilité comprend l’éducation civique et morale, mais elle suppose par ailleurs la construction de véritables parcours citoyens tout au long de la vie. Tout comme « on ne naît pas femme », on ne naît pas citoyen. La citoyenneté s’acquiert par le partage de valeurs, mais également par la participation à des projets communs, à des aventures collectives concrètes, qui se vivent. En cela, l’école constitue bien l’un des piliers de la République.

En interne, l’école est aujourd’hui confrontée à des enjeux de renouvellement de la pédagogie éducative, mobilisant le droit à l’erreur pour les élèves, et faisant appel à la créativité et à l’innovation de la communauté éducative. Beaucoup de choses se font déjà sur le terrain, qu’il convient de valoriser, de mutualiser, de soutenir et d’encourager. La cohésion des équipes éducatives apparaît en ce sens essentielle : elle se construit et se consolide dans le cadre de temps et d’espaces communs.

Vis-à-vis de son environnement, l’école est aujourd’hui appelée à s’ouvrir davantage, à mieux partager les processus de décision avec les élèves et leurs parents, et à développer les partenariats avec les acteurs de terrain, parmi lesquels les collectivités ont un rôle essentiel.

Ces réflexions questionnent plus globalement non pas uniquement la responsabilité de l’école dans la constitution du vivre-ensemble, mais celle de l’ensemble de la communauté civile.

Elles s’inscrivent bien évidemment au sein d’un cadre commun, celui fixé par l’Education Nationale, et ne visent nullement à remettre en cause le principe de cohérence et d’unité de la politique éducative sur l’ensemble du territoire de la République. Il s’agit dès lors de repenser localement les manières de décider et d’agir collectivement au sein des établissements pour mieux impliquer les différents acteurs dans la vie quotidienne des établissements, et ainsi renforcer les liens et la cohésion globale de la société, tout en permettant à chacun d’y trouver sa place.

 

Les réflexions du groupe de travail abordent ainsi plusieurs dimensions : la place de l’élève dans le système éducatif, le contenu du projet d’établissement, l’initiative des équipes éducatives et la cohésion  au sein de la communauté éducative, le processus de prise de décision au sein de l’institution scolaire, la formation des personnels, les conditions structurelles de vie et de travail au sein des établissements (aménagement des lieux, taille pertinente des bâtiments et des effectifs), les règles de vie commune, le traitement des incivilités et des actes de violence, les liens et les partenariats avec le territoire environnant (contrats de territoire, lien avec les associations, les entreprises…)…

 

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